Manifeste

L’aliénation d’un Homme persuadé de se libérer est chose difficile à envisager, parce que c’est à partir d’elle qu’est apparu le monde de l’artifice humain que nous habitons aujourd’hui. De l’intérieur, joyeux enfermés, en courant bras grands ouverts vers notre authenticité, nous avons promu progressivement les moyens de nous détruire.

Etre utile au lecteur un peu déboussolé qui, sensible aussi au bon sens et à la consistance du vécu, est en recherche d’une perception fiable et d’un appui référentiel plus stable, voilà ce qui nous retient ici. 

Or ce travail ne se fait qu’à l’aide d’un langage pris dans sa plénitude pénétrante éclairante, faite d’amplitude et de précision expressive: c’est là l’outil essentiel qui nous permet de relier le monde intérieur des représentations de l’individu, avec le monde extérieur réel et finalement la vie sociale. Notre idée est de proposer dans ce sens, à qui s’astreindra à nous suivre sur cette ligne de crête, un cheminement réflexif sur cette réalité à laquelle nous appartenons et participons.

Mais, c’est armé d’une faculté de décentrement très particulière, et que nous pensons fructueuse pour favoriser cette récupération d’un spectacle mieux unifié du monde, que nous le ferons. Cette unification a sans doute une de ses plus évidentes sources dans l’anthropocentrisme implicite (la connaissance est une proposition universelle à origine strictement humaine) ou explicite (le progrès doit faire sens et servir l’être humain dans toutes ses dimensions) que nous mobilisons pour répondre à la crise que provoque cet évanouissement dans l’accomplissement paradoxal moderne: l’homme s’euthanasie de l’humanisme par l’humanisme qu’il promeut. Il se donne la mort dans la joie de l’humanisme et les lumières enfin accomplis.

Tout ceci s’est construit peu à peu, pierre par pierre, au fil de ces 50 et quelques années d’apprentissage, de confrontation, de recherche et réflexion où les aléas de l’existence ont eu aussi leur rôle à jouer.

Bienvenue donc et bonne lecture